Autour du sens des citations

Le fait pour un chercheur d’avoir publié des articles souvent cités, dans des revues elles-mêmes fréquemment citées, est devenu un indicateur d’impact auquel la communauté scientifique tend à accorder un rôle de plus en plus important.

L’évaluation de la recherche à l’aide de cet indicateur d’impact fait pourtant de plus en plus l’objet d’analyses critiques. Comme nous l’avons déjà relevé, la bibliométrie conventionnelle ne traite, par exemple, qu’une petite fraction des publications en SHS. Cela peut conduire, comme dans l’évaluation de l’UniNe produite en 2008 par le Center for Science and Technology Studies (CWTS), à tenir pour quasi inexistantes les publications de la FLSH (50 publications sur 10 ans !).

Cette pratique d’évaluation à l’aide d’une mesure d’impact si partielle, et si incertaine quant à son sens, a retenu une grande attention dans le cadre de notre projet.

Différentes questions ont ainsi été travaillées et ont fait l’objet de plusieurs textes accessible à la page « Documents »:

  • Comment le dénombrement des citations en est-il venu à s’imposer comme mesure d’impact ?
  • Quelles sont les limites de cette pratique ?
  • Que sait-on de l’usage et des fonctions des citations dans l’écriture scientifique?
  • Que peut nous apporter une analyse qualitative des citations ?

Nous avons aussi procédé à une analyse des citations des textes publiés par les 16 professeurs-chercheurs de l’Unil et de l’UNINE, concernés par notre étude de cas. Ce sont 1456 publications qui sont ici prises en compte pour cette analyse. Le dénombrement des citations est fait à partir des bases de données ISI et de Google scholar avec Publish or Perish.

Quelle est la proportion des publications citées?Diapositive1
Cette proportion va de 19% pour l’ensemble des publications à 31% pour les livres. Il est intéressant de relever que les livres, non pris en compte dans la bibliométrie conventionnelle, sont de fait plus souvent cités que les articles.

Les publications en anglais sont-elles les plus citées?Diapositive2 L’analyse effectuée sur données montre que ce n’est proportionnellement que partiellement le cas. En effet, l’ensemble des publications considérés sont pour 30% d’entre elles en anglais; alors que sur ce même ensemble  41% des textes cités sont en anglais.

Sur quelles périodes un texte peut être cités?
Les trois exemples ci-dessous montrent que certaines publications ont manifestement un écho sur une longue période. C’est un exemple d’analyse centrée sur un ouvrage clé qui acquiert le statut d’un ouvrage de référence, et qui en révèle la portée sur près de vingt ans. Chaque chercheur a certes un nombre limité de contributions citées aussi souvent et sur la durée, ces contributions majeurs méritent cependant la plus grande attention, en terme de rayonnement, sans prendre en compte l’ensemble des publications comme le fait le h-index.

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Le tableau ci-dessous montre aussi dans quel type de texte les ouvrages considérés se trouvent cités.

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